Permis de séjour

Les collègues internationaux hors espace Schengen doivent avoir un permis de séjour pour être en France, mais souvent celui-ci se termine en même temps que le contrat de travail, et son renouvellement est soumis à un nouveau contrat. Mais l’université, pour faire une éventuelle prolongation, demande un permis de séjour couvrant la période à venir, et c’est le serpent qui se mord la queue. Il faut garantir à chacun le droit de terminer sa thèse dans la légalité.

Encadrement de stage

Pour encadrer un stage de L3 de 2 mois, sans rapport avec leur sujet de thèse, des doctorants sont payés 8 HETD (c’est-à-dire 33 heures à 10€), depuis la préparation du stage jusqu’à la lecture du rapport et l’évaluation. Ceux qui veulent encadrer correctement leur stagiaire devront y consacrer plus de temps, au détriment de leur projet de recherche. Et s’il y a des titulaires qui pensent que 8 HETD c’est suffisant, on plaint leurs doctorants !

Licenciement

Il y a quelques années, un étudiant de M2 faisait son stage de fin d’étude à CentraleSupélec. Cela faisait plusieurs mois qu’il préparait ce stage avec le chercheur, et cela devait déboucher sur une thèse en cotutelle internationale. Mais au milieu du stage, le chercheur s’est fait licencier sans préavis (il avait un contrat de droit privé) ! Cela faisait un certain temps que la direction voulait s’en débarrasser parce qu’il y avait des tensions avec d’autres chercheurs et pour faire des économies. Le chercheur allait signer un contrat pour une chaire, donc il devenait urgent de le licencier. Et le syndicat majoritaire chez les EC (la CFDT) était plutôt favorable au licenciement. L’étudiant a pu finir son stage mais bien sûr le projet de thèse n’avait plus lieu d’être.

Prime à soi-même

L’ancien agent comptable de Centrale Paris a fait une demande de remise gracieuse suite à sa condamnation par la cour des comptes à rembourser 55 000€ de primes qu’il avait versées indûment au directeur général et à lui-même ! Si de telles pratiques choquent chez le personnel de l’établissement, ce n’est pas le cas des personnalités qualifiées qui siègent au CA et qui ont votées favorablement à la demande ! Et les primes pour les précaires, c’est pour quand ?

Destruction d’emplois

La diminution des recrutements CNRS et le non remplacement des EC titulaires qui partent à la retraite a des conséquences concrètes. En 2019, sur les labos de Saclay dont CentraleSupélec est tutelle, ce sont 3% de C/EC titulaires en moins (de 356 à 345), et le mouvement s’amplifie avec de nombreux départs en retraite ces 3 prochaines années. Certains labos en sont à se demander quelles thématiques de recherche ils abandonnent, non pas en se basant sur des critères scientifiques, mais économiques (avoir des contrats, de la visibilité). Ce sont encore davantage de précaires qu’il faudra pour assurer les cours à des effectifs étudiants en hausse.

Un nouveau poste … de direction

A l’été 2021, il y a eu un changement de directeur de la recherche de CentraleSupélec. Mais l’ancien directeur ne voulait pas redevenir un simple EC. Il a alors été créé, spécialement pour lui, un poste de directeur des Formations, qui a sous son autorité deux autres directeurs ! Cela lui permettra d’avoir une décharge d’enseignement et une belle prime. Et on vient nous dire qu’il faut des vacataires et qu’il n’y a pas d’argent pour embaucher des titulaires !

Leur prestige et le nôtre

Le directeur de la recherche de CentraleSupélec a indiqué en privé que les deux labos les plus prestigieux étaient le GeePs et le L2S. On ne sait pas sur quels critères il se base, mais au palmarès des conditions de travail des précaires, ces labos ne se démarquent pas des autres ! De meilleures rémunérations pour les jeunes et plus d’ouverture de postes de titulaires, voilà ce qui serait prestigieux !

À CentraleSupélec, il y a de l’argent …

CentraleSupélec a fait 5,2 M€ de bénéfices en 2021 (sur 112M€), alors que le budget ne prévoyait que 500k€ ! Cela fait suite à deux exercices déjà largement bénéficiaires (6,4M€ en 2020 – vs un budget à 150k€, et 3,9M€ en 2019). La direction s’en sert pour divers investissements utiles, mais il en reste suffisamment pour embaucher dans les services et les laboratoires !

… mais on ne peut pas le dépenser

Suite à la fusion entre Centrale et Supélec, la gestion financière a été très perturbée et tout n’est pas encore rentré dans l’ordre, il y a toujours des retards de paiement des fournisseurs. Résultat : certains n’acceptent plus de commande tant que les précédentes ne sont pas payées, et les doctorants qui ont besoin de matériel expérimental doivent attendre des mois et s’inquiètent de l’avancée de leur travaux pour pouvoir soutenir à la date prévue.

On repart pour un tour ?

Un doctorant de CentraleSupélec, en 3A, devait monter une expérience depuis sa première année de thèse, mais ça ne s’était pas fait car l’encadrant n’avait pas le temps, donc seulement un prototype avait été fait avec un collègue d’un autre labo. Et voilà que maintenant l’encadrant veut faire l’expérience alors que le doctorant commence à penser à la rédaction. Pour l’expérience en taille réelle, le collègue ne pouvait pas fournir la quantité de fluide nécessaire, donc il a fallu trouver un fournisseur et ce dernier a proposé d’envoyer un échantillon pour voir si le produit convenait. Mais le labo ne dispose d’aucun moyen de caractériser ce fluide et l’encadrant n’a pas envie de faire un partenariat pour le faire ! Résultat : le doctorant est perdu entre les déclarations contradictoires de son directeur, et l’expérience ne s’est jamais faite !