Un stage pour rien

Un étudiant de M2 a fait son stage dans un laboratoire de recherche de CentraleSupélec. Sur le papier, il avait un sujet de recherche novateur et bien formulé. Mais l’encadrant n’a pas eu de temps à lui consacrer et c’est un doctorant, en pleine rédaction de son manuscrit et pas préparer à encadrer, qui a dû s’en occuper. Le sujet de recherche a alors disparu, le stagiaire a fait différentes petites études expérimentales sans rapport les unes avec les autres, et dont l’équipe n’avait apparemment pas besoin, puisqu’elles n’ont jamais été exploitées. Pour encadrer correctement, il faut embaucher des titulaires !

Harcèlement et omerta

Des cas de harcèlement moral sur des doctorant·e·s existent dans notre université, dans différentes Graduate School. Régulièrement, l’équipe de recherche sait que l’encadrant·e a des problèmes avec ses doctorant·e·s, des chercheurs d’autres laboratoires savent que c’est difficile de travailler avec iel, mais personne ne dit rien, et quand l’information remonte à l’ED ou àula directeurice de labo, c’est parfois la première fois qu’on lui signale des difficultés avec iel. Tant qu’on se taira, ces comportements abjects continueront.

Les CIFRE, c’est bien pour les entreprises …

Les contrats CIFRE permettent aux entreprises de prendre des doctorants, de bénéficier de leur production, tout en étant largement subventionné par l’État, avec une prise en charge du coût d’encadrement. Mais pour certaines, ce n’est pas assez, alors lorsqu’il y a une réunion entre le doctorant et son chef, elles facturent à l’État toute une demi-journée du chef, même si la réunion ne dure que 30 minutes !

… mais moins pour la recherche

Si les thèses CIFRE sont profitables pour les entreprises, ce n’est pas toujours le cas pour les doctorant·e·s et les laboratoires. Certaines entreprises ne sont pas vraiment intéressées par la recherche et mettent la pression pour avoir des résultats rapidement, tandis que certaines équipes de recherche abusent des contrats CIFRE, pour des raisons financières ou pour ne pas avoir à trop encadrer, au détriment d’une vraie stratégie de recherche.

Vacations supprimées

Un doctorant qui fait des vacations à Polytech a récemment appris qu’on lui enlevait des cours, sans rien en échange. Il ne sera donc pas rémunéré, mais pourquoi s’en soucier ? Les vacataires et les précaires sont faits pour boucher les trous seulement quand on en a besoin. Mais la bonne nouvelle c’est qu’il a enfin signer son contrat pour les vacations effectuées en 2020-2021 et qu’il va pouvoir être payé !

Les doctorants payent le manque de titulaire

Ces dernières années se sont créées de multiples structures sur Paris-Saclay (LabEx, ITE, IRT, Gra- duate School, Objets interdisciplinaires, . . .) pour faciliter le partage et créer des dynamiques. Mais aucune embauche n’a été faite pour les gérer. Ce sont donc les chercheurs déjà en place, qui en plus de consacrer du temps à répondre à des appels à projets pour avoir un peu d’argent, doivent animer ces structures. Ils n’ont alors plus beaucoup de temps, mais prennent quand même des doctorants, sinon il n’y aurait plus de recherche dans les labos ! Plusieurs doctorants, dans différents labos, se retrouvent alors avec quasiment aucun suivi de leurs encadrants. Récemment encore, à CentraleSupélec, un doctorant fatigué, déprimé, a abandonné sa thèse pour ces raisons. Le directeur de thèse n’avait pas lu d’article sur le sujet de thèse et ne venait même pas aux réunions prévues. Face à ces situations, la seule solution est d’embaucher des titulaires pour répartir le travail et donner de meilleures conditions d’encadrement aux doctorants !

CPJ

L’Université et ses établissements composantes ont remporté l’ouverture d’une dizaines de chaires de professeurs juniors. Ces chaires sont un dispositif supplémentaire de précarité dans les mains des directions et présidences. Et les conditions légales qui limitaient (un peu) leur utilisation ont tout simplement disparu des décrets d’application et circulaires ! On veut des postes de titulaires, pas de précaires !

Pétition à l’INRAE

Face à l’injustice de la revalorisation des rémunérations uniquement pour les nouveaux doctorants, les doctorants de l’INRAE se sont mobilisés, notamment par une pétition qui a récolté plus de 700 signatures. Travail égal, salaire égal !

Augmentation des rémunérations (ou pas)

La loi de programmation de la recherche a augmenté la rémunération des doctorants, ce qui était attendu, mais que pour les nouveaux arrivants ! Ceux qui ont commencé avant septembre 2021 sont toujours payés comme avant. De plus, avec l’inflation qui repart, l’augmentation promise du pouvoir d’achat va être très limitée ! Ce qu’il nous faut, ce sont des augmentations pour tous tout de suite (pour atteindre 1800€ net /mois), et l’indexation des rémunérations sur le coût de la vie.

Double soutenance

En automne dernier, le ministère a proposé d’instaurer une pré-soutenance de thèse, qui autoriserait la soutenance ou non. Cette pré-soutenance se ferait à huis-clos, devant une commission composée par le directeur de thèse. Ainsi, l’impartialité de la com- mission et la publicité des débats ne seraient pas garantie. Surtout, ce serait compliquer la vie des doctorant·e·s, mais il faut croire que pour le ministère l’évaluation du directeur de thèse, du comité de suivi et des rapporteurs ne suffisent pas !